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Bonjour Pour la plupart, vous savez que l'état relance le projet de protection des sites "significatifs" en géologie, minéralogie et paléontologie. Depuis quelques temps, des amateurs se sont vu proposer des "associations" avec les organismes chargés de l'inventaire. Pour que chacun se fasse une idée; voici un échange de messages avec le CREN Rhône Alpes chargé de cet inventaire dans sa région. En italique, mes messages ; en texte normal le CREN ( je n'ai pas touché au texte, juste surligné en rouge ce qui me paraissait significatif!!!
De la part de xxxx (CREN)
Je fais partie d'une équipe de trois géologues du CREN (Conservatoire Régionale des Espaces Naturels ) et nous réalisons un inventaire des sites géologiques remarquables en Rhône Alpes. Plusieurs mines font partie de notre liste mais nous avons du mal à nous procurer des informations, notamment sur les accès et les emplacements. c'est pourquoi je m'adresse à vous. Je pense en effet que vous pourriez nous expliquer où aller pour repérer avec nos GPS les sites de Chessy et de Lantigné qui ont été exceptionnels pour la minéralogie qu'ils ont pu livrer. Peut on avoir accès aux galeries et aux terrils ; quels endroits sont intéressants à voir et à répertorier ?
cordialement
Ma réponse :
Bonjour Vous avez envoyés un mail à.......... concernant les mines de Lantigné et Chessy ; ne sachant pas quoi faire elle s'est adressée à moi. Je suis géologue de métier, travail dans les minéraux industriels, membre de l'AFM et reconnu dans les milieux concernant les études minéralogiques sur un grand nombre de sites sur toute la France, l'Espagne et le Maroc. Sachez que la démarche entamée par le CREN suscite, pour le moins, une grande méfiance et, pour ma part, un rejet systématique! Les raisons ? le but est, pour le moins, très flou .Quand on voit le niveau atteint par la minéralogie "officielle" en France, une démarche sur la sauvegarde des lieux minéralogiques frise le ridicule!!!!! vous voulez sauvegarder Lantigné ; soit mais pourquoi ?Vous ne connaissez même pas la paragènèse exacte de ce site ni les minéraux en cours d'étude sur ce secteur (dans des laboratoires étranger, bien évidemment!) Pour information : les zones de Chessy d'intérêt minéralogique sont la propriété d'un club minéralogique qui n'est absolument pas intéressé par la démarche!
Réponse de la direction du CREN
Bonjour, J'ai pris connaissance de vos mails respectifs qui doivent répondre à une sollicitation d'une des jeunes personnes de notre équipe, Amélie, concernant certains sites géologiques. Je suis bien conscient que vous n'avez peut-être aucune volonté d'adhérer à la démarche que nous menons mais je me permets d'apporter quelques précisions que je pense utile pour relativisée votre vision de notre travail. Libre à vous ensuite d'en penser ce que vous voudrez.
Sur cette démarche, tout d'abord, ce n'est pas celle du CREN mais celle de l'Etat, animée à l'échelle régionale par la DREAL et suivi de près par une commission régionale ad-hoc regroupant des géologues de divers horizons (de l'universitaire au carrier en passant par les acompagnateurs de montagne ou les prof de géol du secondaire, sans compter la diversité des disciplines représentées). La DREAL a demandé au CREN de piloter l'inventaire régional des sites géologiques remarquables pour répondre à la volonté du ministère concerné d'assurer la prise en compte du patrimoine géologique en France ; ce qui représente pour moi un progrès notable par rapport au désintérêt qui était de mise jusqu'alors.
Sur le CREN et son expérience (puisque celle-ci est décriée dans l'un des mails). Le Conservatoire est comme tout le monde : il ne fait pas les choses de manière parfaite.Néanmoins, depuis 22 ans d'expériences nous avons progressé dans la prise en compte de milieux naturels, affinant localement la "gestion" de nombreux espaces naturels menacés (la plupart du temps par l'abandon de pratiques agricoles), travaillant là où cela est nécessaire, en direct avec un contrôle permanent du résultat de nos actions, en essayant de faire progresser les autres personnes concernées (élus locaux, autres associations professionnelles...) vers un meilleur savoir-faire, pour éviter une érosion progressive de la biodiversité. On peut certainement encore faire mieux !
Sur la méthode : nous n'avons pas les prétentions dont vous nous affublez et le partenariat avec d'autres experts, d'autres connaisseurs et des usagers est, pour nous, un élément important. A l'échelle de sites naturels c'est par exemple des partenariats avec des agriculteurs pour qu'ils réintègrent l'utilisation cohérente de prairies humides dans leur logique d'exploitation. A l'échelle d'un inventaire régional, c'est l'association de près de 90 géologues, professionnels ou amateurs, pour échanger de l'information, avoir leur point de vue et modifier notre perception d'un site ou duprogramme si cela est nécessaire. Les réactions parfois brutales ne m'empêcheront pas d'inciter mes collègues à continuer dans cette voie du dialogue et de la concertation.
Sur la préservation, et j'ai l'impression d'ambiguités dans vos propos sur ce point. Préserver un site c'était le mettre sous cloche, dans les années 60 à 80. Des outils réglementaires existent et peuvent certes être utilisés si vraiment ça semble utile ; mais nous nous appliquons plus à comprendre comment fonctionne un site et ce qu'il faut mettre en oeuvre pour enrayer le facteur de perturbation. Fini le temps de la cloche, on est passé à la gestion concertée avec des outils techniques plus appropriés. Pour des sites miniers, l'enjeu n'est pas d'en obturer l'entrée, sauf dans des cas exceptionnel de fort danger (et l'ex DRIRE est probablement déjà intervenue dans ce sens si besoin). Nous nous sommes battu avec la DREAL à nos côtés et l'Union européenne,récemment, contre la volonté de "murer" l'entrée d'une mine en Ardèche sous l'unique prétexte qu'une personne haut placée du gouvernement avait eu un accident grave d'une de ces collaboratrices venue sans scrupule piller ce lieu. Aucun géologue amateur ou professionnel s'est d'ailleurs activé dans cette bataille administrative !
Enfin sur la portée de cet inventaire : l'enjeu est de répondre à une volonté de mieux considérer le patrimoine géologique dans son ensemble. Dans un premier temps, cela passe par l'identification des sites qui semblent les plus représentatifs du patrimoine rhônalpin, de manière non exhaustive. ça passe aussi par cette logique de fédérer un maximum de gens autour de ce projet et de montrer ainsi aux pouvoirs publics (collectivités locales, région, DDT...)l'intérêt de ne pas négliger le patrimoine géologique mais de comprendre ce qu'il est. L'enjeu d'inventorier certains sites peut faciliter ensuite un projet de protection approprié, de valorisation pédagogique si cela s'impose et uniquement sur la volonté d'usagers ou des collectivités locales. Concernant les sites sujets de votre polémique, à vous de juger de l'intérêt ou non d'initier une démarche dans ce sens, je ne les connais pas suffisamment pour en évaluer la pertinence.
Tout le monde peut très bien ne pas s'approprier cette démarche d'inventaire et l'ignorer, j'en conviens. De plus, le travail que font en parallèle de nombreux amateurs,localement, est parfois précieux. Je vous demanderais toutefois de garder le respect et la courtoisie nécessaire fasse aux personnes qui vous ont sollicités, même si vous ne souhaitez pas les aider dans leur investigation, ce qui se conçoit, d'autant qu'elles sont aussi là pour parfaire leur professionnalisation sans avoir la prétention de tout connaître et de négliger le savoir de passionnés locaux.
ma réponse :
Bonjour je connais parfaitement l'inventaire depuis ses débuts ! A ce sujet, la volonté de création de cet inventaire s'est fait sans aucune concertation en dehors des muséums et DREAL ! Si mon mail vous a paru agressif, je m'en excuse; ce n'était pas mon sentiment mais juste des observations globales sur le sujet et , plus particulièrement, puisque c'est mon domaine, la quasi absence totale d'études minéralogiques dans cet inventaire concernant pourtant la géologie/minéralogie! Pour moi cette absence rend, d'office, invalide tout désir de préservation ou pédagogie sur ces sites!
Pour prèciser ; je suis géologue, en activité dans les minéraux industriels, souvent en relation avec les DREAL et administrations ainsi qu'avec les scientifiques liés d'une façon ou d'une autre à cette activité. Quand je vois les explications "pédagogiques" sur les sites visitables à l'heure actuelle, c'est au mieux simpliste, au pire fantaisiste! Le fond de la démarche est valide et même souhaitable mais faute de volonté réelle, de moyens , elle est vouée à l'échec. MAIS si cette démarche évolue, ou si quelqu'un NOUS ( je ne fais qu'exprimer la sensation générale) prouve la viabilité de la démarche, vous avancerez bien plus vite dans la démarche ( pour Rhône alpes ,nous avons ne base de données d'une centaine de gîtes, des descriptions minéralogiques et historiques sur une vingtaine etc... et je parle pas du reste de la françe!!!) cordialement (je fais parvenir votre message aux principaux intervenants amateurs et/ou scientifiques dans ce domaine) |